Nicolas Philibert

Nicolas Philibert (1951) is a French filmmaker. He studied philosophy before turning to cinema, working as an assistant director alongside René Allio and Alain Tanner. He made his debut in 1978 with La voix de son maître (co-directed with Gérard Mordillat), a portrait of industrial leaders reflecting on power and hierarchy. From the 1990s onward, Philibert established himself as one of France’s most acclaimed documentarians, with works such as La ville Louvre (1990), Le pays des sourds (1992), La moindre des choses (1996), and the essay film Qui sait? (1998). His international breakthrough came with Être et avoir (2002), an intimate portrait of a rural classroom that became a global success. Subsequent films include Retour en Normandie (2007), Nénette (2010), La maison de la radio (2013), and De chaque instant (2018). His most recent feature, Sur l’Adamant (2023), set on a floating day-care centre for adults with mental disorders in Paris, won the Golden Bear at the Berlinale.

Nicolas Philibert, 2003
ARTICLE
03.09.2025
FR

« Déshabillez-vous les chaussures », me glisse Lim Ji-yoon, ma jeune interprète coréenne, avant de me faire entrer dans un petit salon du Dongsoong Art Center. C’est donc là, en chaussettes, assis en tailleur, que je vais passer une grande partie de mon séjour à Séoul, à répondre aux questions des journalistes. On nous sert du thé vert, tandis que ma première interlocutrice me tend sa carte de visite et branche son mini-disc : « Dans votre film, les premières images de l’école montrent des tortues qui se promènent dans la classe. Quel sens vouliez-vous donner à ces plans ? »

Nicolas Philibert, 2009
ARTICLE
10.09.2025
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I never decided to become a documentary filmmaker; that is to say, to camp once and for all inside a given space. Besides, I hate that term: documentary filmmaker. It helps to erect a boundary around a genre that has never ceased to evolve and whose porosity, shifting contours, and almost consanguine ties with the genre it is always set against, fiction, are on the contrary well known. For it is indeed true that images are less faithful to “reality” than to the intentions of those who produce them.

Nicolas Philibert, 2009
ARTICLE
10.09.2025
FR EN

Je n’ai jamais décidé de devenir documentariste, c’est-à-dire de camper une fois pour toutes à l’intérieur d’un espace donné. D’ailleurs je déteste ce mot : documentariste. Il contribue à dresser une frontière autour d’un genre qui n’a jamais cessé d’évoluer et dont chacun connaît au contraire la porosité, la variabilité des tracés, les liens presque consanguins qu’il entretient avec celui qu’on lui oppose toujours, celui de la fiction. Tant il est vrai que les images sont moins fidèles au « réel » qu’aux intentions de ceux qui les produisent.