Films byTexts by Anne-Marie Miéville
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23.10.2019

À la fin de Lou n’a pas dit non, Anne-Marie Miéville exprimait un vœu : « L’amour ne sera plus le commerce d’un homme et d’une femme, mais celui d’une humanité avec une autre. » Ce vœu, qu’elle rêve de voir s’accomplir dans notre monde qui, chaque jour, s’en éloigne plus sûrement, elle tente d’en comprendre le sens, la force prodigieuse et les effrayantes limites, dans Nous sommes tous encore ici, dont le titre, en lui-même, impose malgré tout une confiante conviction que précisent à la fois, d’éminents philosophes donnés comme experts chargés d’un débroussaillage de la question et la vie d’un couple chargé d’en opérer, jour après jour, la démonstration.

Article FR EN
23.10.2019

At the end of Lou n’a pas dit non, Anne-Marie Miéville expressed a wish: “Love will be a relationship that is meant to be between one human being and another, no longer one that flows from man to woman.” In Nous sommes tous encore ici, she tries to understand the meaning, the tremendous power and the frightening limits of this wish, the realization of which she dreams of seeing in our world. In itself and despite everything, the film title establishes a certain confidence which is explained both by renowned philosophers as experts responsible for clearing up the issue and the life of a couple charged with performing its daily demonstration.

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10.10.2018

Le sujet de tous les films du monde, c’est : je t’aime-tu m’aimes, ou alors, je t’aime-tu ne m’aimes pas ; je et tu, répartis entre amants et parents. Ce film a pour sujet le sujet de tous le films : mon « cher » sujet, mon cher « sujet ».

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10.10.2018

The subject of all the films in the world is: I love you-you love me, or rather, I love you-you don’t love me; I and you, distributed among lovers and parents. This film’s subject is the subject of all films: my “dear” subject, my dear “subject.”

Article FR EN
10.10.2018

A l’orée des films d’Anne-Marie Miéville, avant même que le récit ne pointe ses orteils, au premier souffle enregistré par la caméra, une bouffée d’air sonore amorce un seuil où installer le spectateur. Strictement au présent. Un pas dehors, un pas à l’intérieur. On peut avoir l’illusion d’assister au tournage, (parfois avant : à son préambule), et que ce qui s’y déroule, l’instant dramatique, est également le nôtre.

Article FR EN
10.10.2018

At the edge of Anne-Marie Miéville’s films, even before the story wriggles its toes, with the first breath recorded by the camera, a resounding gust of air initiates a threshold at which to place the spectator. Strictly in the present. One foot outside, one foot inside. We could be under the illusion that we’re attending the making of the film (sometimes even the prelude to the shooting itself) and that what goes on there, the dramatic moment, is also ours. 

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3.10.2018

Making a film is like a laboratory for a whole thought process, a place where one can take stock, not only of one’s own personal development, but also other people’s. It is a very privileged creative space where something can be grasped that might otherwise drift off like smoke and disappear. However, at times, I have dreamed of doing something completely different because filmmaking is the work of sublimation, as they say, and therefore restrictive. Afterwards, there is not necessarily an exchange or a return that could keep things alive. You have to start over and begin creating again immediately. If you stop, things get very quiet.

Article NL FR EN
3.10.2018
Anne-Marie Miéville 1998
Propos recueillis par

Faire un film est un lieu d’expérimentation de tout un travail de réflexion, un lieu où l’on peut rendre compte de son cheminement personnel mais aussi de celui des autres, c’est un espace de création très privilégié où l’on arrive à rendre compte de quelque chose qui aurait pu partir en fumée. Mais j’ai quelquefois rêvé de faire tout autre chose parce que c’est un travail de sublimation comme on dit, donc forcément restrictif. Après, il n’y a pas forcément d’échange, de retour, pour que ça reste vivant, il faut tout de suite recommencer à créer, refaire immédiatement quelque chose ; si on arrête, c’est très silencieux.

Article NL FR EN
3.10.2018

Een film maken is een plek van experiment voor een heel reflectiewerk, een plek waar je verslag kan uitbrengen over je eigen ontwikkeling maar ook over die van anderen, het is een ruimte van erg bevoorrechte creatie waar men zich rekenschap kan geven van iets dat in rook zou kunnen zijn opgegaan. Maar ik heb soms gedroomd om heel andere dingen te doen omdat het een werk van sublimatie is, zoals men zegt, en dus erg beperkend. Achteraf is er niet noodzakelijkerwijs uitwisseling, terugkoppeling, opdat het levend blijft, moet je meteen opnieuw beginnen creëren, onmiddellijk opnieuw iets maken; als je stopt, wordt het erg stil.

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24.09.2018

On the occasion of the retrospective film programme on Anne-Marie Miéville, organized by CINEMATEK and Courtisane in Brussels (4 - 30 October 2018), Sabzian, Courtisane and CINEMATEK compiled, edited and published the publication Pas de deux. The Cinema of Anne-Marie Miéville.

FILM
Anne-Marie Miéville, 2000, 74’

“Dear Anne-Marie Miéville,

Your film Après la réconciliation stunned and delighted me.

It has elements of both the whip and the tightrope.

It tells a story without telling a story. Without the usual ingredients of a story, I mean.

FILM
Anne-Marie Miéville, 1997, 80’

“The following phrase, delivered during a fight on how to wipe your feet when entering somewhere, expresses the stakes of the film: “I feel like Solomon who asked God to provide him with an intelligent heart, because it’s the ultimate gift a man can receive...

FILM
Jean-Luc Godard, Anne-Marie Miéville, 1985, 52’

Jean-Luc Godard : C'est peut-être la différence entre l'un et l'autre par rapport à l'image. Moi, ce qui me plaît en elle est inaccessible et toi ce serait ce qui te gênerait… Faut-il montrer les choses?

FILM
Jean-Luc Godard, Anne-Marie Miéville, 1989, 50’

« On a fait un film avec Anne-Marie Mieville sur les établissements Darty, qui s’appelle Le rapport Darty. Il nous avait été commande par Darty. ils nous avaient dit : « On gagne trop d'argent, tout va trop bien, on perd la tête, on ne sait pas ce qui se passe..

note FR EN
24.09.2018

À l'occasion de la rétrospective Anne-Marie Miéville à Bruxelles (4 - 30 octobre 2018), Sabzian, Courtisane et CINEMATEK on compilé, édité et publié la publication Pas de deux. Le cinéma de Anne-Marie Miéville.

FILM
Anne-Marie Miéville, 1994, 78’

Lou n’a pas dit non is the title of a film by Anne-Marie Miéville. “How’s life?” one of the characters asks. After Rilke, Nietzsche, Plato and Hannah Arendt, the birds can still sing when you are walking in the forest. And there is a lot of walking in Anne-Marie Miéville.

FILM
Anne-Marie Miéville, 1983, 7’

“Before being a short film, How Can I Love by Anne-Marie Miéville is cinema – and a personal kind of cinema at that. It goes straight to the essence, without frills, and (something quite rare for a first fiction film) without any self-protection.

FILM
Anne-Marie Miéville, 1985, 28’

“In Anne-Marie Miéville’s film, little Marie locks herself in her little girl’s mystery – in her books, music, dance – and so refuses to be scarred by what she is going through.

FILM
Jean-Luc Godard, Jean-Pierre Gorin, Anne-Marie Miéville, 1976, 53’

« En 1968. pour la frange la plus radicalisée – la plus gauchiste – des cinéastes, une chose est sûre : il faut apprendre à sortir de la salle de cinéma (de la cinéphilie, de l'obscurantisme) ou la brancher au moins sur quelque chose d'autre. Et pour apprendre, il faut aller à l'école.