Screening
Hommage Jean-Luc Godard: Sauve qui peut (la vie)
Sun 9 Oct 2022, 20:30
PART OF
  • Hosted by Art Cinema OFFoff
  • Introduction by Isolde Vanhee
FILM
Sauve qui peut (la vie)
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87’

Denise Rimbaud abandons her husband, her job and the city to go and live in the country. Paul Godard, a television producer, is afraid to leave the city, afraid of loneliness since Denise left. Isabelle has left her country home to come to the city as a prostitute. Imagination, fear and commerce are, through the journey of these characters, the three movements of the film, all ending in the movement of music.

 

“Indeed, work becomes the film’s operative theme, as Isabelle explains to her sister what’s entailed in prostitution with terseness and a matter-of-fact procedure one might expect to find in any office manual.

The men throughout Every Man for Himself consistently seek to control women either through money or will power. When Paul is giving a talk at a local university, he claims Marguerite Duras is in the adjacent classroom, yet he’s unable to corral her into the space of the film, so that Paul tells the class Duras can’t make it. In one of the film’s most explicit satirical jabs at men speaking for women, a female student replies: ‘Couldn’t she just stop in to say she won’t stop in?’

Paul is consistently made a fool of by women, a trend that’s all the more curious since Godard names the lead character after himself, a gesture that either suggests the filmmaker’s humility or narcissism. At least, a more conventional understanding of the autobiographical dimensions between protagonist and filmmaker would point to each of their roles as producers and that, naturally, they share the same name. Yet following this line of inquiry merely takes one into the realm of psychoanalytic self-reflexivity, a mere pretext that Godard has always utilized as a sort of cinematic IED to counter a sense of his own hubris.”

Clayton Dillard1

FILM
Scénario de Sauve qui peut (la vie)
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20’

In Scénario de Sauve qui peut (la vie) (1979), director Jean Luc Godard discusses many of the themes, motifs and film-making practices that would eventually be utilised in the creation of his following film, Sauve qui peut (la vie) (1980). Like Sans Titre, Scénario de Sauve qui peut (la vie) is presented in the style of an esoteric visual essay, with the use of on-screen titles, still images, stock footage, narration and the usual Godardian interest in visual metaphors, juxtapositions and alienation techniques. On the soundtrack, Godard talks personally about his ambitions for the project, its themes and influences and what he hopes the film will achieve, whilst attempting to contextualise some of the vague and enigmatic ideas expressed in the film itself. While he discusses his intentions we see some early examples of the methods that he is interested in, with still photographs of the three lead actors and crudely shot video footage that presents a germ of an idea later elaborated upon in the eventual, finished film. Godard also talks about his interest in using slow motion and cross dissolves as well as the super-imposition of images on top of images to create the idea of time being literally stretched, and the possible interpretations that these devises could offer.

 

Lettre numéro un aux membres de la commission d’avance sur recettes: 

« [...] Il y a quelque chose de sympa dans cette histoire d’avance sur recettes. Au moins on peut dire sa vérité comme on n’ose pas la dire au distributeur, et même aux acteurs quand il s’agit de vedettes. Par exemple, vous ne demandez que quelques pages pour le scénario, mais vous demandez un exemple de continuité dialoguée. Loin de moi l’idée de provoquer, mais je ne comprends pas bien ce que vous entendez par là (vous entendez la voix de quel système). Bien sûr, je vois bien qu’il doit s’agir d’exemples de dialogues, et même du dialogue complet, pour donner une idée des scènes dramatiques, et même ensuite le rythme de ce drame. Mais je ne suis pas Pagnol, et dieu sait pourtant combien j’aime Angèle. Ou je pourrais vous filer des dialogues de Charles Bukowski, puisque si on a de l’argent on lui achètera en vrac le droit de se servir chez lui à droite ou à gauche.

Mais en même temps, ça sera autre chose. Je voudrais ralentir, filmer ce qu’on ne voit pas ordinairement, je vais essayer de vous montrer ça sur une vidéo cassette, pas ralentir exactement, un peu décomposer ce passé dans l’instant où il compose le présent des personnages. [...]

Pour pouvoir donner une idée de mon travail, et de mon amour pour ce travail, il faudrait pouvoir travailler un peu autrement qu’avec des mots, ou les mots pas toujours en premier. J’aimerais mieux des images parlées ici à la place d’un langage imagé. »

Jean-Luc Godard1

 

Lettre numéro deux aux membres de la commission d’avance sur recettes:

« On en est à ce moment à environ une heure de film. Mais on en est peut-être aussi au moment où Denise redescend et plonge en bas à déjà une heure et demie, soit environ une demi-heure par mouvement.

Pour aller plus loin, il m’est difficile de continuer à mettre les mots, et le langage écrit en premier. Il y a besoin de passer par les images, que celles-ci ne soient pas seulement un effet, mais une cause.

Qu’un plan ne suive pas un autre plan (un cadre disaient Eisenstein et Dovjenko) parce que c’est écrit (mektoub) mais parce que le plan qui précède doit se changer dans un autre pour poursuivre son mouvement, comme dans un jeu ou dans une société les gens s’accordent ou pas pour stopper ou continuer un mouvement social. La suite des plans comme chaque fois une décision de justice qui fait l’accord ou le brise.

Je voudrais donc continuer ce travail de scénario avec l’aide du film, et les techniques légères et relativement bon marché de la vidéo ou du Super 8 mm le permettent enfin, comme si Cézanne allait faire quelques croquis d’une pomme avant de demander des sous à son marchand. »

Jean-Luc Godard2

 

Lettre numéro trois aux membres de la commission d’avance sur recettes:

Vidéo-cassette d’environ 20 minutes.
Format : VHS/Secam. Exemples de scènes dialoguées.
Exemples de surimpressions.
Exemples de ralentis/décompositions.
Exemples de surimpressions.
Exemples de passages réguliers dans le cours du film de l’acteur (action) principal à des personnages secondaires dont l’action devient alors principale (l’acteur principal comme représentant permanent des figurants, et le gros plan comme délégué du plan général). Exemples de scènes qui n’ont pas encore leur place dans le film (match de football féminin où Jacques accompagne la fille de Denise).

Jean-Luc Godard3 

  • 1. Jean-Luc Godard, “Lettre numéro un aux membres de la commission d’avance sur recettes,” dans Jean-Luc Godard: Documents, red. Michael Witt, Nicole Brenez, David Faroult, Michael Temple, James Williams (Paris: Éditions du Centre Pompidou, 2006), 307.
  • 2. Jean-Luc Godard, “Lettre numéro deux aux membres de la commission d’avance sur recettes,” dans Jean-Luc Godard: Documents, red. Michael Witt, Nicole Brenez, David Faroult, Michael Temple, James Williams (Paris: Éditions du Centre Pompidou, 2006), 307.
  • 3. Jean-Luc Godard, “Lettre numéro trois aux membres de la commission d’avance sur recettes,” dans Jean-Luc Godard: Documents, red. Michael Witt, Nicole Brenez, David Faroult, Michael Temple, James Williams (Paris: Éditions du Centre Pompidou, 2006), 307.