Five years after a traffic accident that left him in a coma, a man awakens to discover that he has the ability to foresee future events and even prevent tragedies from happening. Will these new abilities prove to be a blessing or a curse?
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« Non seulement Cronenberg traite un beau sujet mais il filme le geste qui l’accompagne : la poignée de main. Il y a tout ce qui concerne le geste (la phobie du toucher) mais il y a d’abord la chose : la main comme organe. A travers l’aberration de leurs délires, les films de Cronenberg racontent tous la même histoire : un organe qui, un beau matin, prend les devants, se révolte contre le corps et dérègle les fonctions normales d’un organisme. Ce peut être le ventre (Frissons, The Brood, Vidéodrome), le cerveau (Scanners) ou la main. Si le héros a envie de tuer Greg Stillson, le sénateur candidat à la présidence des Etats-Unis, c’est aussi parce que, lors de leur première rencontre, quand Christopher Walken lui tend la main, l’autre en profite pour lui glisser un badge de sa campagne électorale. Cette dimension-là, ainsi que celle qui justifie le crime de Stillson (le mari de la femme qu’il a autrefois aimée milite à ses côtés), existe dans le film mais en mineur. [...]
Malgré cela, Dead Zone est bien plus qu’une étape importante dans la carrière d’un cinéaste, un virage bien négocié là où, sur King justement, beaucoup de cinéastes se sont cassé le nez. Dead Zone est un beau film, captivant, superbement maîtrisé et qui a surtout le mérite de nous révéler une quatrième dimension à laquelle le cinéma de Cronenberg ne nous avait pas habitués : la direction d’acteurs, étonnante de justesse (la présence de Brooke Adams devant Christopher Walken) et cette superbe aisance à filmer l’ordinaire d’une scène intimiste au fil d’une continuité dialoguée. »
Charles Tesson1
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Charles Tesson, « Main, trop human (The Dead Zone), » Cahiers du Cinéma 357, mars 1984.

