screening
FILM
Ce vieux rêve qui bouge
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51’

Jacques, a young technician, is asked to dismantle a machine in a factory that is about to be closed. While there, he meets some of the workers that are still idling about and develops a fondness for Donand, the head of the factory.

 

« Le meilleur film du Festival de Cannes »

Jean-Luc Godard1

 

« Je me vois mal en train de capter une image documentaire du travail, de filmer quelqu’un en train de faire un travail qui existe réellement. Ce type de filmage documenté m’ennuierait, dans la mesure où il y a toujours une espèce de vacuité dans le travail. Que l’on filme des types en train de serrer des boulons dans une usine ou qu’on les filme en train de ne rien foutre, il me semble que c’est un peu la même chose, non? Entre le surplus de travail et l’oisiveté, c'est la même absurdité. En ce sens, Ce vieux rêve qui bouge serait l’inverse des Temps modernes de Chaplin. Presque trois quarts de siècle plus tard, on voit où on en est! »

Alain Guiraudie2

 

« Ce vieux rêve qui bouge (2001) réussit le tour de force de mettre en scène pas moins d’une dizaine de chômeurs, à la veille de la fermeture définitive de leur usine, dans le décor exclusif de leur lieu de travail. À l’aube du vingt-et-unième siècle, considéré ici comme tournant historique qui marque la fin d’un cycle économique et politique, le film propose un opus décalé à la mémoire ouvrière et cherche une forme fictionnelle qui accommode les restes des utopies centrées sur la communauté. Dans une usine vidée de ses tensions, recyclée en plateau de tournage, se jouent la fin d’un rêve industriel, la destruction du mythe ouvrier et le sursaut d’un imaginaire cinématographique. »

Fabienne Bullot3

  • 1. Jean-Luc Godard, Cannes 2002.
  • 2. Jacques Kermabon, « Entretien avec Alain Guiraudie, » 24 images, 111, (2002): 17–19.
  • 3. Fabienne Bullot, « L’usine vide comme imaginaire cinématographique, » Contemporary French and Francophone Studies, 18, nr. 3 (2014): 314-22.
Sun 5 Jun 2022, 20:00
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FILM
Ce vieux rêve qui bouge
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51’

Jacques, a young technician, is asked to dismantle a machine in a factory that is about to be closed. While there, he meets some of the workers that are still idling about and develops a fondness for Donand, the head of the factory.

 

« Le meilleur film du Festival de Cannes »

Jean-Luc Godard1

 

« Je me vois mal en train de capter une image documentaire du travail, de filmer quelqu’un en train de faire un travail qui existe réellement. Ce type de filmage documenté m’ennuierait, dans la mesure où il y a toujours une espèce de vacuité dans le travail. Que l’on filme des types en train de serrer des boulons dans une usine ou qu’on les filme en train de ne rien foutre, il me semble que c’est un peu la même chose, non? Entre le surplus de travail et l’oisiveté, c'est la même absurdité. En ce sens, Ce vieux rêve qui bouge serait l’inverse des Temps modernes de Chaplin. Presque trois quarts de siècle plus tard, on voit où on en est! »

Alain Guiraudie2

 

« Ce vieux rêve qui bouge (2001) réussit le tour de force de mettre en scène pas moins d’une dizaine de chômeurs, à la veille de la fermeture définitive de leur usine, dans le décor exclusif de leur lieu de travail. À l’aube du vingt-et-unième siècle, considéré ici comme tournant historique qui marque la fin d’un cycle économique et politique, le film propose un opus décalé à la mémoire ouvrière et cherche une forme fictionnelle qui accommode les restes des utopies centrées sur la communauté. Dans une usine vidée de ses tensions, recyclée en plateau de tournage, se jouent la fin d’un rêve industriel, la destruction du mythe ouvrier et le sursaut d’un imaginaire cinématographique. »

Fabienne Bullot3

  • 1. Jean-Luc Godard, Cannes 2002.
  • 2. Jacques Kermabon, « Entretien avec Alain Guiraudie, » 24 images, 111, (2002): 17–19.
  • 3. Fabienne Bullot, « L’usine vide comme imaginaire cinématographique, » Contemporary French and Francophone Studies, 18, nr. 3 (2014): 314-22.