in theatres
FILM
Le jeune Ahmed
,
,
84’

“Jean-Pierre and Luc Dardenne’s new feature film delves into the complex character of Ahmed, an enigmatic 13-year-old boy who is determined to commit murder, spurred on by his religious convictions. Lured in by Youssouf, the imam at his local mosque, the teenager soon finds himself embroiled in religious fanaticism, and refuses to engage with the world like any other teenager his age. Blinded by his puritanical ideals, Ahmed shuts himself away, cutting himself off from outside help, including that of his family and loved ones. Offering up an in-depth portrait of a boy in the throes of murderous madness, the film depicts his loved ones’ vain attempts at making him see reason.”

Andréa Mendes

 

« Ahmed a déjà basculé dans le fanatisme quand on le rencontre. Il est influencé par son imam, qui n’a pas que de bonnes intentions, et il admire son cousin, mort en martyr. Les frères Dardenne ne le cachent pas: c’est la réalité qui a inspiré leur fiction. « Même si c’est un phénomène mondial, le fait qu’il y ait eu des attentats aussi sanglants en Europe: Charlie Hebdo, Barcelone, le musée juif, le métro, l’aéroport... Et tout ça, mener par des gens qui ont vécu en Espagne, en France, chez nous... Ça nous a fait réfléchir. Nous qui faisons des films et qui aimons dire qu’on essaie de regarder comment va le monde, on s’est dit qu’on devrait essayer de se confronter à ça. » 

Lorsque l’idée a pris une tournure plus concrète, les frères Dardenne ont dû répondre à deux questions. « D’une part, il fallait faire attention à ne pas rentrer dans la polémique et la stigmatisation. Et puis, il y a des gens qui ont été tués, d’autres qui sont détruits, qui n’arrivent pas à se reconstruire, on ne peut pas faire n’importe quoi. Ces deux questionnements étaient là en permanence. » »

Déborah Laurent1

 

Olivier De Bruyn: Le film est d’une rare précision. Comment vous êtes-vous documentés ?

Jean-Pierre Dardenne: De nombreux consultants nous ont épaulés : des policiers, des imams, des éducateurs, des juges… Il ne s’agissait pas d’être dans l’approximation avec un tel sujet. Il nous fallait montrer chaque prière, chaque geste du personnage avec vérité. Et montrer combien la terrifiante obstination d’Ahmed peine à être ébranlée par ceux qui l’approchent.

Luc Dardenne: L’écriture du scénario nous a pris un an et demi, six mois de plus que d’ordinaire.

Jean-Pierre et Luc Dardenne dans un entretien avec Marianne.net2

 

  • 1. Déborah Laurent, « Les frères Dardenne parlent du fanatisme et craignent la polémique, » 7sur7, 20 mai 2019.
  • 2. Olivier De Bruyn, « Le jeune Ahmed des frères Dardenne : « On s’est intéressé à une sorte de djihad de proximité, domestique » », Marianne.net, 18 mai 2019.
PART OF
FILM
Le jeune Ahmed
,
,
84’

“Jean-Pierre and Luc Dardenne’s new feature film delves into the complex character of Ahmed, an enigmatic 13-year-old boy who is determined to commit murder, spurred on by his religious convictions. Lured in by Youssouf, the imam at his local mosque, the teenager soon finds himself embroiled in religious fanaticism, and refuses to engage with the world like any other teenager his age. Blinded by his puritanical ideals, Ahmed shuts himself away, cutting himself off from outside help, including that of his family and loved ones. Offering up an in-depth portrait of a boy in the throes of murderous madness, the film depicts his loved ones’ vain attempts at making him see reason.”

Andréa Mendes

 

« Ahmed a déjà basculé dans le fanatisme quand on le rencontre. Il est influencé par son imam, qui n’a pas que de bonnes intentions, et il admire son cousin, mort en martyr. Les frères Dardenne ne le cachent pas: c’est la réalité qui a inspiré leur fiction. « Même si c’est un phénomène mondial, le fait qu’il y ait eu des attentats aussi sanglants en Europe: Charlie Hebdo, Barcelone, le musée juif, le métro, l’aéroport... Et tout ça, mener par des gens qui ont vécu en Espagne, en France, chez nous... Ça nous a fait réfléchir. Nous qui faisons des films et qui aimons dire qu’on essaie de regarder comment va le monde, on s’est dit qu’on devrait essayer de se confronter à ça. » 

Lorsque l’idée a pris une tournure plus concrète, les frères Dardenne ont dû répondre à deux questions. « D’une part, il fallait faire attention à ne pas rentrer dans la polémique et la stigmatisation. Et puis, il y a des gens qui ont été tués, d’autres qui sont détruits, qui n’arrivent pas à se reconstruire, on ne peut pas faire n’importe quoi. Ces deux questionnements étaient là en permanence. » »

Déborah Laurent1

 

Olivier De Bruyn: Le film est d’une rare précision. Comment vous êtes-vous documentés ?

Jean-Pierre Dardenne: De nombreux consultants nous ont épaulés : des policiers, des imams, des éducateurs, des juges… Il ne s’agissait pas d’être dans l’approximation avec un tel sujet. Il nous fallait montrer chaque prière, chaque geste du personnage avec vérité. Et montrer combien la terrifiante obstination d’Ahmed peine à être ébranlée par ceux qui l’approchent.

Luc Dardenne: L’écriture du scénario nous a pris un an et demi, six mois de plus que d’ordinaire.

Jean-Pierre et Luc Dardenne dans un entretien avec Marianne.net2

 

  • 1. Déborah Laurent, « Les frères Dardenne parlent du fanatisme et craignent la polémique, » 7sur7, 20 mai 2019.
  • 2. Olivier De Bruyn, « Le jeune Ahmed des frères Dardenne : « On s’est intéressé à une sorte de djihad de proximité, domestique » », Marianne.net, 18 mai 2019.